2013 – Biclou en Bretagne


Du 26 Juillet au 10 Août 2013

Penhir

Entre le 26 juillet et le 10 août 2013, avec Chris nous avons fait un tour de vélo en Bretagne. Quelques mots sur ce voyage. Références et crédits sont en bas de page.

Vendredi 26 Juillet 2013

Le vendredi 26 juillet 2013 nous avons voyagé en vélo, bus, train, vélo et train de Sergy à Saint-Brieuc en passant par Bellegarde et Paris. Puis avons pédalé 54 km de Saint-Brieuc à Paimpol.

Itinéraire prévu:

  • 07:10-07:45 Bus 33 Saint-Genis Pouilly – Bellegarde.
  • 08:09-10:49 TGV Bellegarde – Paris-Gare de Lyon – Vélo.
  • 12:05-14:20 Paris-Montparnasse – Rennes – TGV.
  • 14:35-15:26 Rennes – Saint-Brieuc – TER.

Comme indiqué sur les fiches horaires du bus, j’avais appelé la compagnie pour les informer que nous transporterions deux vélos. La personne m’avait expliqué qu’un mini-bus spécial serait présent à l’arrêt du bus pour nous emmener à Bellegarde; ce service est gratuit et est en particulier destiné aux personnes handicapées m’a expliqué le Monsieur. Ceci est mis en place pour ne pas retarder le bus 33 qui doit respecter ses horaires. Un peu choquée par cette idée de faire rouler un mini-bus pour nous deux, alors que les soutes du car sont vastes, j’ai un peu réagi. Cependant le Monsieur a pris note de mon nom et des horaires. Le mini-bus n’est jamais venu ni à l’aller ni au retour.

Et voilà que je me rends compte que la batterie de l’iPhone est à plat; pourtant je l’ai chargé (iPhone) hier soir; ce doit être ce stupide chargeur mutli-prises-USB qui ne marche pas….. Bref, une fois montée dans le train je pars à la recherche d’une gentille personne qui me prêtera son chargeur. Une jeune femme avec un iPhone accepte de me prêter son chargeur. Je fonce en première classe pour emprunter une prise: aucune! Ce doit être un très vieux TGV. Je branche l’iPhone dans les toilettes, m’assieds en face pour relire le rapport d’activité de notre groupe ATLAS du LAPP et surveiller en même temps l’iPhone qui charge. Lorsque je relève la tête, l’iPhone a disparu. Je commence alors une recherche dans le wagon, le train, partout. Le chargeur de la jeune femme est parti avec. Je ne peux me résoudre à abandonner cet appareil qui ne vaut plus rien (il a trois ans et demi) et contient des informations précieuses comme adresses et numéros de téléphone. J’embête tout le monde dans le wagon; les femmes assises à côté de moi ont vu un jeune de 12-14 ans le débrancher et l’emmener. Une jeune femme d’une vingtaine d’années me fait comprendre que c’est vraiment irresponsable de laisser son iPhone dans les toilettes. Après peut-être trois quarts d’heure de vaines recherches, je retourne trouver les deux contrôleurs pour leur demander de faire une annonce. Après quelque hésitations, ils acceptent: « La personne qui a trouvé un téléphone portable est priée de le ramener au contrôleur dans la voiture 18 ». Le contrôleur m’explique alors que je devrais stocker mes données avec iCloud; lui-même a souvent perdu ou s’est fait voler son portable. C’est alors qu’un jeune homme d’une vingtaine d’années arrive avec le portable. le chargeur, le câble: tout. Je n’en reviens pas: « C’est le jeune là-bas qui l’a pris; nous verrons plus tard pour les détails ». C’est un moniteur de colonie qui raccompagne un jeune garçon qui s’est fait renvoyer de la colo: c’est lui qui a pris le iPhone (c’est aussi lui qui est venu me demander si je l’avais retrouvé). Je vais rendre son chargeur à la jeune femme. Un peu excitée avec ce retour, je ne pense pas tout de suite à aller parler au jeune qui avait pris le portable. J’y pense un peu tard, alors que nous arrivons vers la gare de Lyon. Le jeune dort; je parle avec le moniteur qui me dit que ce n’est pas la peine de lui parler; il n’y a rien à faire. Je regrette de ne pas avoir été plus « sur mes pieds » au moment des retrouvailles: j’aurais sans doute pu dire quelques mots à ce jeune qui est jugé perdu.

Délicieux parcours en vélo de la Gare de Lyon à la gare Montparnasse; avec même un petit café dans un bistrot. Nous mettons une demi-heure de vélo entre les deux gares. J’achète un mini-chargeur USB à la FNAC de la gare Montparnasse. A Rennes, alors que nous pédalions sur le quai, bien innocemment mais certes bien irresponsables, pour rejoindre notre dernier train, le contrôleur crie « Non mais ça va pas les vélos là-bas!!! ». …. Arrivés à Saint-Brieuc à 15:26, nous fonçons à l’office du tourisme, nous nous équipons de la carte des vélo-routes de Bretagne et d’une carte IGN 1cm/1km. Il est 15:45 lorsque nous quittons Saint-Brieuc avec une cinquantaine kilomètres à parcourir pour rejoindre Paimpol.

Et c’est alors que nous découvrons que le terrain n’est pas plat en Bretagne. Nous avançons à ~10km/h en moyenne sur les trois premières heures. La tension monte:
– You are just irresponsible.
– Where are the lights? Because we shall cycle at night.
– We won’t have dinner.
– I am just realistic.

De magnifiques vues sur la mer bleue me requinquent.
Et c’est alors qu’il est 20:00 que la roue arrière de Chris crève. Heureusement qu’il est épuisé; il ne s’énerve même pas.
Ma roue arrière ne tourne pas rond; elle vibre comme une folle dans les descentes.
Nous nous perdons (pas beaucoup); un couple en voiture s’arrête spontanément pour nous guider: adorables. Notre première rencontre avec la gentillesse des Bretons; ceci se confirmera de nombreuses fois au cours des deux semaines.
Finalement, de fil en aiguilles, les km s’accumulent; nous arrivons à Paimpol à 20:45. Il fait encore jour et les moules sont délicieuses! Tout va bien. A 21:30, nous remontons en selle pour les quelques kilomètres nécessaires pour rejoindre Ploubazenc et notre hôtel

Samedi 27 Juillet 2013 – Il fait très gris.

Nous restons sur place entre Ploubazenc et Paimpol.

Il faut réparer ma roue arrière: redresser les rayons et changer le pneu qui est bien usé. Nous allons donc à Intersport, dans la banlieue de Paimpol. Tout comme l’Intersport de Saint-Genis, celui-ci est très bien achalandé d’équipements vélo. Nous trouvons tout: outil pour redresser les rayons, pneu; j’insiste pour acheter un câble de frein de secours (cf 2013.08.02 ou l’arrivée à Roscanvel ). Nous faisons escale à Carrefour pour acheter des gants de travaux pour les réparations. Comme il y a la queue et que je n’ai qu’un article, je demande, gentiment, à la femme devant moi qui a un caddie plein, si je peux passer devant: « Non, nous aussi nous sommes pressés ». D’ac! A Paimpol nous achetons pain et rillettes de maquereau pour le picnic que nous dégustons dans le jardin de l’hôtel sous la pluie.

Je complète les réservations manquantes pour la suite du périple et Chris répare ma roue. C’est là qu’il s’aperçoit que l’axe de la roue arrière est cassé. Malheur! Ce n’est pas une réparation facile: il faut changer la roue et soit démonter puis réinstaller la roue libre, soit mettre une nouvelle roue libre. Retour à Intersport sous la pluie. Avec l’aide du vendeur, nous trouvons tout ce qu’il faut; mais où faire la réparation? Nous demandons à travailler dans l’atelier: OK! En deux coups de cuillères à pot, Chris installe la roue libre sur la roue, installe la roue,…. Bref: magnifique. Un client attend pour demander au mécano des conseils; je lui explique que nous ne sommes que des clients aussi. C’est dommage que je n’ai pas pensé à prendre une photo.

De retour à Paimpol down town, nous partons sous la pluie marcher sur le sentier des douaniers, vers l’Est; c’est superbe.

Paimpol

Le soir nous dînons à La Cotriarde un joli restaurant du côté Est du port de Paimpol. Et nous dégustons un homard. Quel délice (et quel luxe!).

Homard à Paimpol

Dimanche 28 Juillet 2013 – Il pleut.

Nous avons pédalé 54 km de Ploubanzec à Ploumanac’h.

Notre étape est estimée à une cinquantaine de kilomètres sous la pluie. Nous quittons Ploubanzec sous la pluie et roulons, sur la voie fléchée pour les vélos, jusqu’à Lézardrieux. Il pleut des cordes. Nous passons une petite heure à boire un café et attendre l’arrêt des cordes. Tout le monde au café parle de la pluie: elle va bientôt s’arrêter et il va faire beau. Pleins d’espoir nous quittons le café et roulons vers Tréguier: un superbe village où nous dégustons nos premières galettes. Un homme en kilt à la sortie de la messe.

Lézardieux sous la pluie

Il fait beau maintenant. Nous roulons sur de jolies routes pour atteindre Ploumanac’h vers 17:00 après 54 km. La baie est magnifique.

Ploumanac’h

Nous sommes en demi-pension à l’hôtel: Homard au menu! Le serveur, qui est vraiment très stressé, fait tomber cinq fois les couverts par-terre.

Lundi 29 Juillet 2013 – Soleil.

Nous restons sur place. Marche AR sur le sentier des douaniers jusqu’à Perros-Guirec puis marche dans la vallée des Taonïero.

Nous partons par le sentier des douaniers jusqu’à Perros-Guirec.

Entre Ploumanac’ h et Perros-Guirec

Malgré la beauté de la côte, de la mer, de la nature – à moins que ce ne soit à cause de cette beauté – alors que je me trouve en même temps devant un chien en laisse tenue par un homme à l’allure de beauf (à moins que ce n’en soit vraiment un, comme celui de Cabu an bas de la pénultième page du Canard Enchaîné), une merde de chien, mon sang ne fait qu’un tour et je m’exclame: « Ce n’est pas possible ces chiens ». Un dialogue de haute teneur s’engage alors:
– Mais qu’est-ce qu’ils vous font les chiens?
– Ils font caca partout.
– Mais ils ne font pas caca sur vous.
– Ils font caca par terre. (et je pointe à la merde qui traîne là).
Nous marmonnons chacun des bêtises (en particulier j’affirme que les chiens sont interdits sur ce sentier; ce qui est faux!) puis je continue mon chemin, l’entendant conclure « Il y a toujours des abrutis partout ». Chris a honte! Les leçons:
– Quelle faiblesse d’avoir dit « font caca »; c’est bête et « chier » aurait été plus percutant.
– Le problème n’est pas les chiens, mais leurs patrons!
Tout au long de ce voyage j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de chiens dans cette région; toujours un ou deux dans les cafés, restaurants.

De retour de Perros-Guirec, où la plage est magnifique mais le village pas attractif, nous dégustons une petite soupe de poissons au Bar du Port, du côté du port de Ploumanac’h. Une querelle de chiens démarre; notre voisin s’exclame: « C’est même pire que les fumeurs ». Puis nous marchons dans la vallée des Taonïero en cherchant Panoramix.

Port de Ploumanac’h
Un Korrigan

Au retour je déguste un Breiz Cola alors que je n’aime pas le coca, à nouveau au Bar de Port. Mais le coca breton, c’est autre chose. Pierre appelle: il nous rejoindra pour la soirée à Huelgoat.

Mardi 30 Juillet 2013 – Il pleut comme vache qui pisse

L’étape d’aujourd’hui doit nous conduire de Ploumanac’h à Morlaix.

Il pleut, il pleut, il pleut; il ne pleuviote pas. Nous allons donc prendre le bus; tout d’abord le Tibus de Ploumanac’h à Lannion puis le bus 30 de Lannion à Morlaix. Départ à 10:47; arrivée à Lannion à 11:40. Aucun problème pour mettre les vélos dans la soute.

A Lannion, nous faisons un petit tour puis dégustons, à la crêperie Le Moulin Vert, une délicieuse galette aux coquilles Saint-Jacques. Les meilleures Saint-Jacques de toute ma vie. Retour à la gare pour le bus vers Morlaix Le conducteur du bus 30 est une vraie perle. On se croirait en Grèce. Une femme monte à Lannion pour se rendre à Emmaüs, à quelques kilomètres du centre. Le conducteur la dépose juste devant, à mi-chemin entre deux arrêts et l’assure que le conducteur du bus de retour la récupèrera là, pour qu’elle n’ait pas à marcher sur la route. Il va l’appeler. Or il se souvient, quelques minutes plus tard, qu’il s’est fait voler son portable dernièrement. Un peu plus tard, nous croisons le bus Morlaix-Lannion; notre chauffeur fait signe à son collègue, tous deux s’arrêtent sur la route et discutent par la fenêtre: notre chauffeur explique qu’il faudra s’arrêter à Emmaüs pour récupérer la dame: tout bon! Le bus nous dépose juste devant L’Hôtel du Port à Morlaix. Tout d’abord: lessive à la laverie, visite à la poste pour renvoyer à Sergy mon trop plein de livres et diverses choses inutiles, escale à la boulangerie pour des sucettes au beurre salé et à l’office du tourisme pour se renseigner sur la voie verte qui va de Morlaix à Carhaix: une ancienne voie de chemin de fer démontée. Lee paradis pour demain.

Sur la route entre Lannion et Morlaix, nous avons pu voir les algues vertes qui sont devenues le cauchemar des habitants de cette côte. Elles sont dues à l’excès de nitrates issus des engrais. Le Monde en a souvent parlé.

Ça tangue à Morlaix

Mercredi 31 Juillet 2013 – Il fait gris.

L’étape d’aujourd’hui nous conduit de Morlaix à Huelgoat, le long de la voie ferrée désaffectée; 34 km, principalement sur la voie.

Trajet tranquille; ma roue arrière crève. Speedy Chris change la chambre à air en un temps record. Nous quittons la voie verte pour atteindre Berrien (ça monte maintenant!) à midi tapante. A la boulangerie, nous achetons deux sandwichs aux rillettes que nous dégustons sur le mur du cimetière. Arrivée à Huelgoat vers 13:00. L’Hôtel du lac est le long du lac.

Atelier de réparation volant

Une petite visite à l’office du tourisme s’impose et me permet d’obtenir les horaires des bus Morlaix-Huelgoat, pour Pierre ce soir. Il y a bien un bus de Morlaix qui arrive à Huelgoat à 19:45. Je collecte aussi quelques informations sur les ballades.

Nous allons faire un tour dans la forêt, à la recherche d’Obelix cette fois: chaos de granit, roche tremblante, le camps d’Artus, la grotte d’Artus et le Champignon. Nous rencontrons quelques Korrigans.

Dans la forêt: deux korrigans

Il fait très beau. Pierre descend du bus à 19:45. Tout bon. Nous dînons à l’hôtel du Lac. La place du village de Huelgoat est très agréable avec moins de passage de voitures que le long du lac.

Huelgoat

Jeudi 1er Août 2013 – Soleil.

Petite étape de 24 km le long de la voie verte de Huelgoat à Carhaix.

Pierre prend son bus vers Carhaix pour rejoindre William et ses amis au Festival du Bout du Monde sur la presqu’île de Crozon. Il fera finalement du stop entre Carhaix et Crozon: cinq voitures, deux heures et demi. Chris répare ma crevaison d’hier. Bien inspiré: il récupère son vélo avec la roue avant crevée: une petite pointe de métal (comme la patte d’une agrafe) s’est logée dans le pneu. Réparation sur le bord du lac.

Nous roulons paisiblement jusqu’à Carhaix; en entrant dans la ville, nous tombons sur la Brasserie Coreff, cette bière bretonne que nous commençons à bien apprécié (l’ambrée en particulier). Dégustons une bonne galette à l’andouille à la crêperie Les Salines puis descendons vers notre gite qui se trouve le long du canal Nantes-Brest: Les Anes sont dans le pré .

Nous profitons des chaises longues dans le jardin. Je passe l’après-midi avec el Commissario Guido Brunetti (A sea of Trouble de Donna Leon) qui enquête sur la mort violente de deux pêcheurs de la Laguna. La Signorina Elettra lui fait bien du soucis lorsqu’il la voit dans les bras de Carlos, le neveu de celui que l’on suspecte déjà. Et la tempête se lève….

L’inquiétude concernant l’étape de demain grandit: nous devons rejoindre Roscanvel, au Nord de la presqu’île de Crozon depuis Carhaix: 80 km le long du canal jusqu’à Châteaulun, puis une cinquantaine de km sur la route. Nous cherchons les horaires de bus sans succès. Il y a bien des bus spéciaux pour le Festival du Bout de Monde au départ de Châteaulun; cependant les horaires ne sont pas spécifiés.

Nous remontons à Carhaix faire un tour, boire quelques Coreff et dîner au Cazik, un délicieux dîner (huîtres, cassolettes de cabillaud…) pour un prix défiant toute concurrence.

Vendredi 2 Août 2013 – Il fait gris.

L’étape qui tue: 130 km entre Carhaix et Roscanvel. Allons-nous réussir?

Nous roulons vite le long du canal; c’est beau, c’est calme. La moyenne, qui approche les 20km/h, est bien meilleure que celle obtenue le long des côtes bretonnes. Nous partons à 08:45 et atteignons Châteaulun à 13:45, après avoir parcouru 80km. Quelques gouttes de pluie nous rafraîchissent. Des hérons s’envollent. Nous allons savourer une galette à La Marjolaine, une petite crêperie sur le quai, juste en face de l’office du tourisme. Bien qu’il soit presque 14:00 la patronne nous accueille. Nous avons très faim! En dessert, je prends une crêpe au caramel au beurre salé maison; c’est la première fois que ceci est spécifié: la crêpe et son caramel sont délicieux. Alors que je bois le café, je remarque un bus « spécial » qui vient de stationner devant l’office du tourisme.

Je cours voir le chauffeur: « Oui, c’est un bus qui va au festival ». « Oui, je peux prendre deux vélos ». »Je pars dans cinq minutes ». Juste le temps d’aller régler les crêpes, et hop nous montons à bord du bus. La patronne de le crêperie est soulagée de nous voir attraper un bus si facilement; nous lui avions auparavant demandé comment rejoindre la gare etc… Elle vient même nous remplir notre gourde spontanément. La Bretagne…. Alors que nous montons à bord, un journaliste du Télégramme interview les passagers. Il s’étonne que nous prenions le bus sans aller au Festival du Bout du Monde. Et le lendemain, on parle de nous dans le Télégramme un peu comme des profiteurs…. Nous arrivons « au poteau », le site d’entrée du festival sur la presqu’île de Crozon. Il est 15:30 et il nous reste 7-8 km à parcourir. Les gendarmes sont là, à l’arrivée des cars remplis de jeunes. Ils font entrer le chien dans le car. Il y a beaucoup de gendarmes. Il faut laisser venir la chance mais l’attraper quand elle passe. J’avais à plusieurs reprises appeler pour connaître les horaires de bus, sans succès. Le matin même une femme au télephone m’a expliqué qu’il nous serait impossible de monter dans les bus du festival: ils seront pleinsce et sans place pour les vélos. Personne ne m’a jamais donné l’information qu’il y aurait un départ de l’Office du Tourisme de Châteaulun à ~14:30….. La chance nous a souri!

Picnic bretonArrivée à Crozon

Les 7-8 km jusqu’au Gîte des Capucins sont un peu pénibles: mon dérailleur ne fonctionne plus et nous avons pas mal de km dans les pattes. Nous faisons une pause au petit café/épicerie/bureau de Tabac de Roscanvel: un petit paradis, un jardin de Hobbit. Là nous décidons de faire des emplettes pour dîner au gîte ce soir: l’idée de refaire des km ne nous inspire pas vraiment. Pâtes à la Carbonnara seront au menu. Le gîte des Capucins est sur le plateau: paysage magnifique. Nous réceptionnons le paquet que Christine et Mike nous ont gentiment posté: il contient mes chaussures de marche; nous allons rester ici trois jours et faire des tours sur les sentiers. Chris diagnostique que le câble du dérailleur est cassé: nous n’avons pas câble de rechange (cf l’ histoire du câble de frein ou la journée du 27 juillet 2013).

Samedi 3 Août 2013 – Le ciel est bleu ou gris.

Nous restons au gîte des Capucins. Visite au magasin de sport de Crozon (notre course hebdomadaire du samedi semble-t-il), marche autour du cap de PenHir jusqu’à Camaret. Dîner au village de Roscanvel pour la fête du cochon grillé. Nous parcourons 28 km en vélo et un quinzaine à pied.

Après quelques hésitations, nous décidons d’aller à Crozon pour acheter un câble de dérailleur. Entre temps, Chris ajuste mon petit plateau sur la vitesse moyenne. Nous prenons un café sur la place de Crozon et faisons quelques emplettes de pain, fromage, oignon pour le picnic de midi. Nous roulons ensuite jusqu’à l’entrée de Camaret puis marchons sur le GR 34, le sentier des douaniers. C’est splendide: la mer, les rochers, les bruyères. La patronne du gîte des Capucins m’expliquera ensuite que la floraison des bruyères est tardive cette année car le printemps a été froid: une chance pour nous. Il y a du vent et du soleil: c’est délicieux. L’arrivée sur Camaret est magnifique.

Pour dîner, nous descendons au village pour la fête: nous avons vu les affiches sur la route « cochon grillé et crêpes ». Tout est délicieux et très sympa.

Dimanche 4 Août 2013 – Pierre a 20 ans – Il fait très beau.

Nous séjournons à nouveau au gîte des Capucins – Tour de Roscanvel à pied jusqu’à la pointe des Espagnols d’où l’on peut voir Brest, à deux pas. Chris a réparé le dérailleur: le câble n’était pas cassé mais coincé dans la poignée. Ah! Ces mécanos….

A mi-chemin de la marche, nous passons par Roscanvel et son café/épicerie/tabac où nous faisons un pose café/cidre et appelons Pierre pour lui souhaiter un joyeux anniversaire de 20 ans. Devant le café:

En fait, les deux fils sont à quelques km de là, au festival de bout du monde. Nous ne les verrons pas sur la presqu’île. La ballade est belle mais après celle d’hier, elle semble un peu moins charmante; il y a aussi plus de monde. La côte est parsemée de vestiges de la dernière guerre.

Le soir nous descendons à Camaret (un quinzaine de km AR) en vélo pour dîner. Comme toujours, la route monte et le vent est de face!

Lundi 5 Août 2013 – Il fait gris et il pleut.

L’étape d’aujourd’hui est courte, 20 km: Roscanvel – Saint-Henrot sur le cap de la chèvre, au sud de la presqu’île de Crozon.

A Crozon, je poste un paquet pour Sergy de façon à alléger nos paniers. Nous ne trouvons pas de joli endroit pour manger un morceau. Il fait froid et n’avons pas envie de picniquer; nous roulons alors vers Morgat. Morgat n’est pas sympa et les galettes n’y sont pas bonnes. Vite, nous quittons cette petite ville et roulons jusqu’à Saint-Henrot, au Bar de l’Hermine.

Arrivés au gite, on nous dit qu’il n’est pas possible de nous montrer la chambre car la patronne et la serveuse sont occupées avec le service de midi. Nous laissons là nos sacoches et partons à pied vers la plage de la Palue et le cap de le chèvre. C’est alors que Pierre m’appelle pour me demander de prendre contact avec Tom. En effet, Pierre a quitté Crozon ce matin et est maintenant dans le train entre Brest et Paris pour prendre ensuite un train Paris Lourdes où il arrivera à 23:20. Pierre part randonner avec ces amis anglais sur le GR Est-Ouest des Pyrénées. Mais voilà, son forfait portable ne lui permet pas d’appeler à l’étranger (en fait, il devrait pouvoir; au retour, je clarifierai la question avec free: il fallait juste faire OFF/ON de l’option et tout a ensuite fonctionné). Bref, je dois prendre contact avec Tom pour l’informer de l’heure d’arrivée de Pierre à Lourdes. Je n’y arrive pas. Un peu plus tard, Pierre m’envoie un nouveau numéro pour Tom: il a emprunté un téléphone dans le train, s’est connecté sur « Facebook » et a trouvé le nouveau numéro de Tom. J’arrive à joindre Tom qui peut ensuite appeler Pierre. Peut-être aurait-il été judicieux que Pierre informe Tom avant de partir plutôt que le jour même…. Cela fait des semaines qu’il a pris ses billets de train.

La Palue, de la bruyère, une bête féroce et la falaise de la chèvre

Nous dégustons un Coreff ambrée sur la terasse du gite, en face d’une jolie petite église protestante. La chambre est vraiment pourrie mais l’endroit est charmant.

L’église Saint Henrot et le gîte Saint Henrot

Mardi 6 Août 2013 – Il fait gris.

L’étape d’aujourd’hui nous mène de Saint-Henrot à Plomordien: un peu plus de 30 km, dont une dizaine sur la grande route Crozon-Quimper….

Le petit déjeuner au Bar de l’Hermine n’est pas terrible; le café est mauvais. Mais l’endroit est toujours aussi charmant. Nous prenons un café à Crozon avant de prendre la route. Les voitures passent à ras des vélos. C’est très éprouvant mais tout se passe bien et il ne faut pas exagérer non plus… Nous quittons la route et picniquons dans le cimetière de Saint-Nic puis rejoignons Plomordien. C’est alors que nous comprenons que l’hôtel est à trois km à l’Est de Plomordien. Une fois rendus, nous n’en bougerons plus.

L’hôtel de Paz Morvan est installé dans une jolie ferme retapée, tout au calme. Nous y restons l’après-midi à lire, écrire et colorier. Nous dînons sur place des galettes et des crêpes. Un superbe endroit. Notre courage pour le vélo est quelque peu altéré!

Mercredi 7 Août 2013 – Il fait gris.

Cette étape nous mène de l’hôtel Paz Morvan à Quimper, en passant par Locronan.

Notre guide Chris, équipé de son vieux GPS, nous concocte une route qui nous permettra de rejoindre la voie verte qui va de Douarnenez à Quimper. Nous faisons escale à Locronan et découvrons ce superbe village. Ce jour là a lieu une brocante où j’achète une aube de prêtre en coton blanc très joliment brodée.

Setup du GPS et Locronan

La voie verte est très jolie et calme. Nous atteignons Quimper vers 13:30 où nous dégustons de bonnes crêpes à la Crêperie du Quartier. Puis nous nous rendons à notre hôtel béton propre et neuf mais beaucoup trop anonyme: Escale Oceania .

Un étang le long de la voie verte

L’après-midi nous allons visiter la Faïencerie Henriot et le musée de la Faïence de Quimper. La visite de l’usine est très intéressante concernant les procédés de fabrication: deux cuissons, une première à 1040 degrés, une seconde à 960 degrés (je ne suis plus sûre de cette deuxième valeur). Mais le marché est difficile car le travail reste très manuel et la concurrence des pays à main d’oeuvre bon marché féroce. Par exemple les bols à oreilles traditionnels, sont vendus 35 euros dans le magasin d’usine; on les voit à 7-8 euros dans la magasins de souvenirs.

Des faïences de Guimper

La cathédrale Saint-Corentin de Quimper a la scoliose. Le soir nous dînons au restaurant L’assiette, assez désuet; le dîner est bon mais sans plus vraiment.

La cathédrale de Quimper

Jeudi 8 Août 2013 – Soleil et Mabon.

Quimper-Lorient en train puis concert de Jamie Smith’s Mabon à 15:00.

Petit déjeuner dans Quimper (coût du petit déjeuner à l’hôtel béton est 11 euros… Ils sont fous ces romains).

Arrivés à Lorient nous déposons nos affaires et nos vélos à L’Hôtel Rex puis allons nous balader en ville. L’ambiance du Festival Interceltique de Lorient n’apparait pas en cette fin de matinée. Nous déjeunons de délicieuses Cornish Pasties, de la bière de Cornouailles et du thé Tregothnan cultivé en Cornouailles. Nous entrons en contact sms avec William qui est à Lorient avec sa bande. Nous nous retrouverons ce soir à 20:00 à la Brasserie La truie et sa portée . Chouette. Le concert est super: en première partie un groupe de Galice Taghaitai puis le groupe Jamie Smith’s Mabon que nous écoutons souvent avec beaucoup de plaisir. Nous avons découvert ce groupe gallois à WOMAD en 2011. Le groupe Mabon se produira à nouveau ce soir à 21:00, en remplacement du groupe Magnetic North. Nous décidons d’y aller…

A 20:00 nous retrouvons William, Maroussia, Etienne, Emily et Fred et dégustons des bières Foin-Foin et Groin-Groin. Quel plaisir! Les jeunes sont en forme. Malheureusement je n’avais pas pris mon appareil photo. En consolation deux illustrations de Foin-Foin et Groin-Groin.

Nous les quittons à 20:45 pour nous rendre au concert. En première partie du spectacle, le groupe de « je ne sais quoi mais pas de musique » Arnao passe une heure à appuyer sur des touches de synthétiseur, sortir quelques sons de la gorge de la chanteuse. Seule la harpiste produit une mélodie. Les deux autres se prennent juste au sérieux. A fuir à toutes jambes. Le deuxième concert de Jamie Smith’s Mabon est magnifique: le son de cette salle (le grand théâtre de Lorient) est excellent. Un régal!

Vendredi 9 Août 2013 – Soleil et La Mare aux oiseaux.

Nous voyageons de Lorient à Pontchâteau en train puis pédalons 13 km de Pontchâteau à l’hôtel restaurant La mare aux oiseaux .

Avant d’attraper notre train pour Pontchâteau à 10:56, nous faisons un tour en ville pour acheter quelques livres en français. Bien que j’adore les enquêtes del Commissario Guido Brunetti, les avis percutants de sa femme Paola, le détachement des deux enfants et l’habilité de la Signorira Elettra, après quatre livres de suite en anglais/américain, j’ai envie de revenir à la la langue de Voltaire. Nous nous rendons à la libraire de l’Imaginaire, qui se trouve être juste en face de la Truie et sa portée. Une vraie librairie avec une vraie libraire. J’ai oublié de remercier la femme de l’hôtel pour son conseil avisé. J’achète trois livres: La reine Margot de Alexandre Dumas, Le bataillon du ciel de Joseph Kessel et Les insurrections singulières de Jeanne Benameur. J’ai lu le deuxième sans grand plaisir; je n’aime pas la façon dont Joseph Kessel peint les personnages: toujours en mettant en avant leurs mauvais côtés. J’ai commencé la reine Margot: le massacre des huguenots. Je me réserve pour après celui de Jeanne Benameur; je n’ai jamais rien lu de cette auteure. Nous attrapons le train, faisons quelques emplettes picnic à Pontchâteau, prenons la route de Saint-Joachim. Nous picniquons dans un champ, sous un grand chêne. Le ciel est splendide, parsemé de petits nuages blancs. Puis nous nous arrêtons pour une bolée, chez Chantal et Jacky, un petit café au bord des marais. Nous nous y étions arrêtés plusieurs fois l’an dernier lorsque nous logions à Saint-Joachim, dans un gite pas terrible. Surtout le mec était bizarre, comme voyeur!

Puis nous arrivons à la mare aux oiseaux; un superbe hôtel restaurant où nous avions aussi dîné l’an dernier. Cette fois nous y dormirons aussi. L’endroit est magique. Poules, grues, lapins se promènent dans le jardin: ils ont tous l’air d’être heureux. C’est assez rigolo. Et le dîner est vraiment délicieux. Vraiment un petit paradis. Une ou deux fois dans la vie, c’est acceptable! Chris lit le premier roman policier de J.K Rowling (l’auteur de Harry Poter) qu’elle a publié sous un pseudonyme (la coquine!): il est aux anges. Il le lit sur son Kindle; il va me le commander au format papier.

Samedi 10 Août 2013 – Soleil et retour.

Retour Saint-Joachim – Sergy.

Itinéraire prévu:

  • 10:45-11:25 Saint-Joachim – Pontchâteau – Vélo – 13 km.
  • 12:16-13:25 Pontchâteau – Nantes.
  • 15:00-17:06 Nantes – Paris-Motparnasse – TGV.
  • 17:06-17:45 Gare Montparnasse – Gare de Lyon – Vélo – 5 km.
  • 18:09-20:58 Paris-Gare de Lyon – Bellegarde – TGV.
  • 21:10-21:38 Bellegarde – Saint-Genis – Bus 33.
  • 21:38-21:50 Saint-Genis – Sergy – Vélo – 2 km.

Le train à Pontchâteau avait 40 min de retard. Déjeuner dans Nantes. Visite de la cathédrale.

Nantes: rue et cathédrale

Et finalement, le bus 33 de Bellegarde doit attendre le train de Montpellier qui a une dizaine minutes de retard. Nous arrivons à Sergy juste un peu avant 22:00. Nous retrouvons la maison impeccable; nous l’avions prêtée à Christine et Mike qui n’avaient plus de maison pour une dizaine de jours. Et en prime, des provisions pour revenir!

Deux semaines en Bretagne

La découverte de la Bretagne: soleil (pluie certes mais peu), mer bleue, côtes roses, galettes, les Bretons, …… Tout y est magnifique. Je pense que l’air est bon: on se sent très bien.

Haut de page Références et crédits

J’ai organisé ce voyage en utilisant la Carte des vélo-routes en Bretagne pour le trajet et le Guide du Routard pour les hébergements et restaurants/crêperies. Les hôtels, chambres d’hôtes et gites étaient tous très bien. Les pauses déjeuner dans les petites crêperies, presque toutes choisies avec le guide, étaient toujours une heureuse surprise. Quant aux dîners, toujours de qualité et la plupart excellents. Merci au guide.


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